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Seasick Steve : "Fuck the blues !"

samedi 4 mars 2017, par Kaiser

Après avoir passé quatre jours cloué au lit, grippé, Seasick Steve, 68 piges quand même, avait envie d’en découdre hier soir sur la scène de la Maroquinerie. On sentait toutefois que le bonhomme était en petite forme. Heureusement, le vaccin maison (antibiotiques + Jack Daniels) a fait son effet et le paquebot SSS a trouvé son rythme de croisière. Je revois encore le guitariste fendre la salle surpeuplée de la rue Boyer tel Moïse ouvrant la Mer Rouge. Un grand moment.

Il y a plusieurs façon de présenter Seasick Steve.

D’abord, ne dîtes pas que c’est un bluesman. Il n’aime pas ça et vous balance à la figure "Fuck the Blues". Steve prend du rock, de la country, du blues, du boogie et tanne le tout pour en faire des chansons. Par contre, "Steve, you rock !", ça oui, vous pouvez le dire.

Avec sa barbiche de trois pieds de long et son implacable sens du booggie, SSS est en quelque sorte le frère caché des ZZ Top. Un frangin kidnappé à la naissance pour être élevé par une bande de vagabonds.

Steven Gene Wold, pour l’état civil californien, est un showman de première bourre. Capable à la fois d’embraser la salle de la rue Boyer avec ses riffs endiablés et dans la foulée d’imposer un silence de cathédrale pour livrer un blues à faire chialer Vladimir Poutine.

Seasick Steve vit dans un autre monde, loin de la hype. Son costume de scène (le même qu’à la ville) : Salopette + t-shirt blanc sans manche + tatouages de camionneurs + casquette élimée estampillée John Deere + chemise à carreaux emprunté à Kurt Cobain + barbe poivre et sel + guitare à trois cordes (oui, oui) + batteur norvégien à toison d’or. Sur le t-shirt de Dan Magnusson, l’homme derrière les fûts : « Play fast. Life is short ». On n’a pas trouvé mieux comme devise.

Le natif d’Oakland a quitté le domicile familial à l’âge de treize ans pour mettre le plus distance possible entre lui et son beau père, un vétéran de la guerre de Corée : « Soit je partais, soit je le butais ».

Le petit Steve a fait son choix. Il est devenu un hobo, un type sans domicile, voyageant à bord des trains de marchandises, sa guitare pour seule compagne. Il a connu mille vies et exercé autant de petits boulots, traversé les Etats-Unis de long en large, croisé Janice Joplin à San Francisco dans les années 60, épousé une norvégienne dans les années 80, eu 5 enfants, rencontré Kurt Cobain aux débuts de Nirvana, déménagé 59 fois en 27 ans, fait une crise cardiaque… Et puis, à plus de 65 ans, la reconnaissance du public, enfin, après un passage télé en Angleterre chez Jools Holland (Merci Jools)

A se demander, si, comme Robert Johnson, Seasick Steve n’a pas signé un pacte avec le diable.

PS 1 : J’ai eu la chance de rencontrer le Monsieur il y a 10 jours. J’ai passé près d’une heure dans sa chambre d’hôtel en sa compagnie. Benjamin a filmé la rencontre. Vous verrez Steve nous raconter sa première venue à Paris, en 1972. Sans un sou dans sa poche de salopette, il avait pris sa guitare et joué dans le métro.

PS 2 : On devait tourner une session acoustique avec Steve la veille de son concert. Avec sa grippe carabinée, le live est tombé à l’eau. Ce n’est que partie remise. En attendant, vous pouvez retrouver la sublime vidéo réalisée par la blogothèque.


Seasick Steve - A Take Away Show - Part 1 from La Blogotheque on Vimeo.


Voir en ligne : You Tube

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